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Lorsque je dis je, je m’affirme en tant que sujet. Cette affirmation de soi revêt ma capacité à me saisir dans ma singularité (qui constitue mon individualité) et à revendiquer mon identité distinctive. Ceci implique nécessairement qu’il existe des différences entre moi et autrui. L’existence d’autrui est une réalité constitutive de mon existence au travers de la famille, de la société, de l’État. Ces différentes structures organisent un regroupement d’individus. Si ces individus témoignent chacun d’une identité distinctive, ces structures se caractérisent alors par une certaine hétérogénéité.

Or l’homme est cet individu qui a pour quête la recherche de discerner le vrai du faux ainsi que la volonté de juger du bien ou du mal des actions humaines. L’expression de la diversité de nos opinions refléterait ainsi l’erreur et l’immoralité de certains, ne serait-il pas de mon devoir de les remettre sur le “droit chemin” ? Le problème est que si chacun pense détenir la connaissance de la vérité et du bien, chacun va tenter d’imposer ses conceptions. Mais, qui suis-je pour m’octroyer ce pouvoir de dicter ma conception ? En outre, comment cette situation de conflit permanent entre ces différentes conceptions peut-elle être dépassée ?

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La mer... noire 
Je hais ma passivité. Je procrastine, procrastine et procrastine. Mais claque-toi, réveille-toi merde ! Marre de mon absence, de mon inexistence. Je n’arrive à exister, à me projeter hors de. L’homme est celui qui a le choix, à qui il revient le choix d’établir librement son projet de vie. Et je suis là sans aucune force, si ce n’est celle de pleurer, de me battre avec moi-même. Je me laisse aller. Bientôt un an que je détourne mon regard de l’avenir, que je me lamente sur moi-même. Quelques remontées, mais toujours accompagnées de rechutes. Je n’arrive pas à oublier et encore moins à surmonter. Je suis engloutie.

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«Si le philosophe met en question le monde, le monde le lui rend bien.»

«Le drame du philosophe, c’est celui d’un homme qui se sait porteur de vérités universelles, et qui découvre qu’il ne peut faire partager ces vérités aux autres, malgré l’évidence qu’il leur reconnaît.»

«Le scandale de tout philosophe, ce qui l’émeut, ce qui le trouble, ce qui le peine, ce qui le désespère, c’est la solitude de sa propre raison, c’est-à-dire le fait que des vérités qu’il sent universelles ne sont pas comprises par d’autres que lui.»

Ferdinand Alquié, Qu’est-ce que comprendre un philosophe, 2007, Paris, Éditions de la table ronde, pp. 26, 28 et 43

autoportrait

J’ai eu peur cette semaine.

Encore les problèmes dont j’avais plus ou moins réussi à me déconnecter qui me retombent en pleine figure. Il y a eu son coup de fil dimanche soir qui a eu l’effet d’une réinfection de mes plaies passées. Des larmes écoulées, comme d’habitude ai-je envie d’ajouter. De toute façon, les jours de l’année 2008 où je n’ai pas versé un sanglot doivent se compter à peine sur les dix doigts de mes mains. Il y a eu un contre-coup de fil lundi soir, qui m’a rassurée d’une part et retiré le poids de la culpabilisation qu’elle a voulu m’affliger maas d’autre part cela m’a conforté dans de mauvaises pensées la concernant. Elle demande pour lui et ne veut pas assumer que c’est en fait elle qui est à l’origine de la demande. Certains m’avaient dit que l’éloignement apaiserait nos tensions. Cela n’est qu’une apparence, car elle n’a pas changé, elle se fait croire elle-même qu’elle a changé alors qu’il n’en est rien, au contraire. J’ai de moins en moins envie de me dire que cela changera un jour, et je durcis même mon regard. Je n’ai même plus envie d’être polie, j’ai l’impression de me mentir à moi-même en faisant cela. Je repense à ce qu’on a dit en tutorat sur la perte de patience de Socrate : on ne peut discuter, philosopher qu’avec des gens honnêtes intellectuellement, sinon ça n’est pas la peine. Peine perdue.

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Envie de publier cette dissertation, que j’avais écrite l’année dernière en terminale, dont le sujet me parle toujours autant…

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Le bonheur est considéré comme le “souverain Bien”, caractérisé par un sentiment général et durable de satisfaction, c’est la fin recherchée par tout être humain. S’il est une fin recherchée, cela ne signifierait-il pas qu’il n’est qu’un idéal et non une réalité ? Ainsi, pour la plupart d’entre nous, nous ne vivons pas à proprement parler dans le bonheur, mais en quête de celui-ci. Comment faire pour l’atteindre ?
La société de consommation dans laquelle nous vivons tente d’ériger un modèle de bonheur qui fait une place primordiale au divertissement et véhicule une image “barbante” à tout ce qui tend un tant soit peu à nous faire réfléchir, “Arrêtez de vous prendre la tête et profitez tout simplement, là est la clef du bonheur”. On nous oppose bien souvent “l’imbécile heureux” à l’intellectuel malheureux ou encore la naïveté de l’enfant émerveillé à l’adulte désenchanté conscient des épreuves de la vie. Ceci met en lumière que nous ne sortons pas indemne de l’expérience de la connaissance puisque celle-ci abouti à une prise de conscience de soi, que l’on pourra appeler “lucidité”, et une pléthore de questions existentielles qui perturbe la paix de notre esprit.

Nous nous demanderons si la lucidité est une contrainte au bonheur. En effet, être vigilant de toujours s’inscrire dans la réalité, n’est-ce pas être condamné au malheur ? Partant de ce constat, sommes-nous plus heureux dans l’illusion ? Mais, ne pas avoir la faculté de concevoir clairement notre bonheur n’est-il pas la preuve d’un bonheur illusoire ? De plus, être lucide c’est être en état perpétuel de recherche de vérité que requiert la liberté, donc si nous sommes lucides, nous sommes libres : la lucidité n’est pas une contrainte mais une obligation. Enfin, il nous faudra nous interroger sur les conditions nécessaires à un bonheur véritable et sensé nous permettant de nous réaliser pleinement.

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… deumeurant le regard bloqué sur le passé.

Non et puis je ne veux pas regarder le présent non plus. Je comprends plus rien. J’en ai marre. Je me réveille de ma nuit remplie d’étrangeries dans mon esprit. Et mes larmes coulent toutes seules sans vraiment que je sache pourquoi. Je ne sais même pas si j’ai envie de savoir. Je suis hors de moi dans les deux sens du termes : je suis énervée et je ne suis plus moi, je ne maîtrise plus rien. Je n’arrive décidément pas à me concentrer pour travailler. J’ai trop de divagations qui me rongent et je vais me prendre un mur.

ma copie de bac, série ES, session juin 2008

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Quand l’enfant écrit sa lettre au Père Noël, il lui fait la demande de réaliser ses désirs, en l’occurrence lui offrir la possession de jouets désirés. Il se projette dans la situation désirée et se dit intérieurement : “qu’est-ce que je serais heureux si j’avais…”. En attendant que celle-ci se réalise, il ressent un manque, il est malheureux car il souffre de ce manque.
En effet, la notion désirer provient du latin “desiderare”, c’est-à-dire “regretter l’absence de”. On souhait quelque chose qui n’est pas, on est alors assujetti à une torture, aux tumultes de notre âme entêtée. La question vient alors de savoir si l’on peut désirer sans nécessairement souffrir. Est-ce possible ? Si oui, dans quelles conditions ? Nous nous attacherons à distinguer l’origine du désir, de son fondement ainsi que de sa fin, car il ne faudra pas se réduire à expliquer le désir mais à dégager une compréhension précise sous ses différente formes.
Nous verrons en premier lieu que désirer, c’est chercher à combler un manque et que cette situation nous amène à souffrir. Mais nous verrons ensuite que la nature du désir réside dans une tension qui fait plaisir, le plaisir s’opposant à la souffrance. Enfin, nous verrons que derrière la notion de désir se trouve celle de la volonté, qui nous pousse à agir pour donner un sens à son existence et ainsi s’arracher à une souffrance qualifiée de fataliste.

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détermination

«L’être d’un être est de persévérer dans son être.» – Spinoza

Je me répète cela tous les jours et pourtant dans les faits, c’est autre chose. Mon masque craquelle, et je finis par craquer. Je ne sais plus où j’en suis. Comme depuis trop de mois, ai-je envie d’ajouter. Mon moral joue aux “montagnes russes” qui plus est. Belle illustration durant ces deux jours en haute-savoie d’ailleurs. Je peux passer apparemment une très bonne soirée, avoir le sourire (mais comme on dit, “on peut tout cacher derrière un sourire, même euh… l’envie de mourir”) et pleurer d’un coup on ne sait pourquoi. Quoique. Comme si le bonheur dépendait uniquement de l’extériorité ! Pfff. C’est en moi-même qu’il faut que je travaille. En effet, bien que revoir mes amis m’a fait plus que plaisir, j’ai ressenti un profond malaise en remarchant dans Annemasse hier. Moment vertigineux. Oh et puis voilà, ne serait-ce le fait d’écrire juste cela fait réapparaître mon chagrin humidifié. Je pleure devant mon écran mais je suis écœurée de mes pleurs incessants. Bref, qu’est-ce que je disais ? Annemasse et ses rues mornes. Aussi mornes que mon visage abattu. Je me souviens des trajets à pied lycée/gare routière seule dans le froid. On est toujours seul de toute manière. Pas physiquement, mais moralement si. Enfin, je crois que je suis en tout cas en train de me résigner à ça. “Je crois à la volupté de la chair et à l’irrémédiable solitude de l’âme” écrit Hjalmar Soderberg. j’ai l’impression que c’est la seule chose qui me tient ici. Je ne plus quoi en penser. 

Ma vie est un brouillon brouillé de mille et une ratures, et il finira bien par être froissé pour enfin être jeté dans une poubelle et disparaître à jamais. Reste juste à déterminer quand.

lividité
La grisaille m’assaille. Froid et désarroi se corrèlent. Je croyais une énième fois m’être relevée pour de bon. Mais je ne sais plus marcher. Je suis déséquilibrée et je suis retombée. Et mes larmes ont coulées. Encore. Toujours. Liquidité déferlante. Je déchante de la cruelle réalité. Je m’enfonce, je veux m’enfuir de ce monde engorgé de ronces où je ne peux me construire.

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«Pour la nouvelle année. – Je vis encore, je pense encore : il faut encore que je vive, car il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd’hui chacun se permet d’exprimer son désir et sa pensée la plus chère : et, moi aussi, je vais dire ce qu’aujourd’hui je souhaite de moi-même et quelle est la pensée que, cette année, j’ai prise à cœur la première – quelle est la pensée qui devra être dorénavant pour moi la raison, la garantie et la douceur de vivre! Je veux apprendre toujours davantage à considérer comme la beauté ce qu’il y a de nécessaire dans les choses : – c’est ainsi que je serai de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour. Je ne veux pas entrer en guerre contre la laideur. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Détourner mon regard, que ce soit là ma seule négation! Et, somme toute, pour voir grand : je veux, quelle que soit la circonstance, n’être une fois qu’affirmateur!»

Friedrich Nietzsche, Le gai savoir, §276

Trop d’incompréhensions qui se devaient d’être éclaircies, j’ai laissé s’écouler une semaine sans recevoir de réponses et une décision s’est imposée : couper contact quelques temps. Et pourtant je sais que cela m’est douloureux car tu étais celui à qui je pouvais me confier sans ce masque de gênes, que j’arbore bien trop souvent et toi de même. Tu me disais que tu ne t’habituerais à cette étiquette de “taré” que tes amis te donnent comme les miens me l’attribuent à longueur de journée, je te répondais au contraire que pour ma part, qu’à force, je l’avais intégrée et plus encore je l’accentuais ; mais ce qui me permettait d’aller dans ce sens, c’était d’avoir quelqu’un qui ressente ce même décalage dans ses relations à autrui et son rapport à notre la société, avec qui je pouvais le partager pour mieux en dessiner les contours et apprendre à vivre et persévérer avec. Aujourd’hui, je crois avoir perdu ce quelqu’un car bien que je continue à penser que tu restes quelqu’un d’exceptionnel, ta timidité mélée à ton manque de tact condensés dans un maudit sms ont rompu le lien de confiance que je t’accordais bien volontiers. Perte chère mais à présent nécessaire à ma reconstruction, à penser une nouvelle vie, loin des expériences défectueuses du passé.

flashback ?

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