La concentration m’est inaccessible. Je me sens comme dévastée par un désir dont je n’ai la maîtrise. Jour et nuit, l’intranquillité est de mise dans mon esprit. Lorsque je suis entourée, j’essaie tant bien que mal de faire bonne figure en faisant comme si de rien n’était ou ne voulant rien laisser savoir de ce non-rien. Mais lorsque je me retrouve seule, le masque tombe et les larmes déferlent, cela pathétiquement quotidiennement. Je me sens exactement dans le même état qu’en avril de l’année dernière, d’une part terriblement anéantie par la conscience de l’impossibilité de réalisation d’une espérance chimérique et par conséquent hantée par le projet d’en finir pour enfin mettre fin à cette souffrance qui devient de plus en plus invivable et d’autre part sachant pertinemment la vanité et surtout la lâcheté que représente le suicide car au fond de moi, il reste une Amélie qui croit encore que la vie peut être bonne, sensée et belle malgré tout si l’on s’en donne les moyens. Enfin, le problème c’est qu’après près d’un an et demi de torture mentale, je commence vraiment douter que le sombre tunnel dans lequel je me suis empêtrée puisse posséder une issue de secours. La situation est asphyxiante. De l’oxygène, vite !