
Mardi, après la séance chez mon psy, qui m’a beaucoup parlé de “mindfulness”, j’ai été à Sommand, station où je n’avais pas mis les pieds depuis 4 ou 5 ans mais dont je gardais un très bon souvenir. Arrivée là-bas, j’ai retrouvé avec joie cette conviviale station. Le beau temps était au rendez-vous, soleil, ciel intensément bleu et de la neige on ne peut plus agréable. Redécouvrir ma piste de ski de fond favorite me fit le plus grand bien. Cette après-midi là, je crois que ce fut l’application des paroles du psy. Je me suis arrêtée presque tous les mètres pour admirer la beauté du paysage, les merveilles de la nature ont réussi à m’abstraire de tous les soucis qui se battent sur le ring de mon esprit. J’ai savouré l’instant présent, et ce fût au combien ressourçant ! Les sentiments intérieurs qui m’emplissaient m’ont rappelé une belle journée de l’année dernière.

Mais ce n’est pas le tout de se laisser émerveiller et divaguer par des horizons enchanteurs. Si cela est nécessaire à me faire retrouver le moral, je ne dois pas en rester là. Nous ne devons pas penser qu’au présent. Enfin, plus exactement, je crois qu’il faut habiter le présent pour construire l’avenir. Hélas, le présent ne recèle pas que de choses dont l’on peut s’ébahir, il présente une dure réalité sociale que l’on doit garder à l’esprit. C’est là, que l’on se rend compte que le “carpe diem” n’est pas le mot magique à toutes les situations. Nous devons prendre en compte le présent tel qu’on le constate (tristement) dans ses plus sordides aspects, mais nous ne devons pas se résigner en l’acceptant, nous devons tendre à le transformer pour résoudre les imperfections qu’il contient.
J’ai souvent navrante impression que la majorité des gens ont baissé les bras face à la dure réalité sociale qu’ils subissent pourtant tous les jours. Et sachant que je ne changerai pas le monde à moi toute seule, cette résignation se trouve assez contagieuse et je me retrouve moi-même en train de baisser les bras. Ne m’aimant pas ainsi, je me regarde avec un certain dégoût et là c’est le cercle vicieux, puisque n’ayant plus le moral, je renonce à m’engager, mon renoncement fait encore dégringoler mon moral et ainsi de suite.
Mais cessons de parler du négatif, car aujourd’hui, c’était la grève et la réussite de la mobilisation, à laquelle j’ai bien sûre participé, me donne l’envie de persévérer. Il y a eu près de 3 millions de manifestants, nombre auquel on était arrivé en fin du mouvement anti-CPE. Je me dis que l’indignation face au gouvernement refait surface. Les consciences citoyennes se réveillent. La citoyenneté est à mes yeux, le point essentiel, de toute existence humaine sensée. C’est en prenant part aux affaires de la Cité que l’on entre dans une forme d’autogouvernement et que l’on goûte la saveur de l’émancipation, de la liberté. Et la liberté, c’est ce qui rend digne l’homme de son existence !






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