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Tous les soirs, c’est la même chose. Je me retrouve face à moi-même, et la souffrance refait surface et efface l’enthousiasme à la vie que je crois parfois retrouver. Le regard perdu dans le néant de la vie et seule dans ma chambre, j’ai l’impression de revivre toutes ces nuits d’insomnie vertigineuse de l’année dernière. Mais la situation est bien pire que celle de l’année dernière. En effet, plus d’un an après, je n’ai toujours pas dépassé l’impasse suffocante dans laquelle je (me) suis condamnée. Durant cette année passée, j’ai pourtant essayé d’oublier et de passer à autre chose mais ces tentatives se sont révélées bien vaines. Et puis, je suis arrivée à un tel stade que je n’arrive même plus à déverser des larmes pour évacuer. À croire que j’en ai épuisé le stock. Tout cela est pathétique. Je suis pathétique. Enfin non, je ne suis même plus, je n’existe plus. Je n’ai plus la force de me projeter dans quoi ce soit de positif, de constructif. Je reste fixée au pendule schopenhaurien oscillant de la souffrance à l’ennui. Est-il possible de s’en détacher ? Tout ce que j’écris est marqué d’une résignation telle que je ne me rends point digne de la richesse de l’existence humaine. Je ne mérite plus de vivre.