
Lundi 2 février 2009, à l’hôpital de Thonon,
Je ressens le besoin de pleurer mais je n’y arrive plus. Mes larmes restent enfouies au fond de moi et je continue de me voiler la face. Mais pendant tout ce temps durant lequel je n’ose toucher à mes plaies intérieures, celles-ci s’infectent de plus en plus et deviennent jour après jour nécessairement plus douloureuses à panser. Pourrai-je un jour y parvenir ? Je n’ose mettre des mots sur mes maux et demeure dans un silence auto-destructeur. Je n’ai pas le courage d’en sortir et l’accablante conséquence de cela est que je n’arrive à sortir de l’état dépressif dans lequel je sombre depuis plus d’un an. Je me souviens de mon torrent de larmes survenu brusquement en milieu de soirée de ce fameux 21 décembre 2007. Je me souviens aussi du mutisme absolu dans lequel j’étais (et suis toujours) bloquée lorsque mes amis, soucieux de me voir dans un tel état, m’en ont demandé les raisons. Je me mentais à moi-même en allant même jusqu’à dire que mes larmes étaient sans raisons particulières. Mais non, non et non, mes larmes étaient et restent chargées d’explications, tragiques soient-elles. Et tant que je m’obstinerai à les étouffer et ne pas en faire part par la parole à quelqu’un ou même seulement à moi-même par l’écriture, je ne pourrai me relever m’éternisant à terre sous le poids oppressant de mon cœur meurtri.






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