Tout se rééclairait et puis non, encore une fois, je me retrouve minuit passé, à devoir écrire toute cette haine et cette souffrance que je dois évacuer. Je savais bien que cet après-midi avait une saveur de noirceur revenante, même si je ne l’affichais quand “rigolant”. Un petit tour du cimetière avec un ami et un débit impressionnant de conneries teintées chacune d’un humour noir, trop noir. Il faut que j’arrête de banaliser de tels propos qui sortent de ma bouche, parce que je sais bien au fond qu’ils ont une portée plus conséquente que je ne tente de le faire croire, et c’est d’ailleurs comme ça que je suis maintenant ici, le sourire défait, le regard détruit.
[site archéologique de Cimiez à Nice]
Que puis-je faire devant quelqu’un qui ne sait pas ce qui s’est passé en 1933 et ose affirmer qu’on le lui a pas appris alors qu’elle a été jusqu’à bac +2 -FOUTAGE DE GUEULE-. Quelqu’un qui “pense” qu’il y a des gens qui aiment l’histoire et d’autres non et que c’est comme ça. Il n’est pas ici question d’aimer ou pas l’histoire, il est question d’avoir un minimum de connaissance de faits historiques marquant de l’humanité, dans ses plus respectables comme dans ses plus damnables aspects. Et après, elle ose nous dire que nous ne parlons que d’histoire -dans sa tête synonyme de simple passé- et jamais d’humanité. Mais est-il possible de parler d’humanité sans parler de son histoire ? C’est en ayant connaissance et conscience et son histoire que l’humanité écrit son histoire.
De surcroît, recevoir des leçons de morale sur la nécessité de se préoccuper de l’humanité par quelqu’un qui vous affirme que si des nazis envahiraient un village, elle se laisserait fusiller “parce que c’est ainsi”, est tout simplement aberrant. Elle se dit “neutre” mais cette prétendue neutralité n’est que soumission à la tyrannie de la majorité. En effet, ne pas choisir est encore un choix, celui de l’acceptation passive du pouvoir en place, quel qu’il soit et en cela cette attitude est dangereuse et irresponsable. Si nous sommes en démocratie, nous avons le pouvoir et le devoir de CHOISIR en présence d’accès à l’information et c’est une chance que nous ne devons laisser passer. “Tu as une information et une conscience politique active” était écrit sur ma copie de bac blanc d’histoire, voilà une appréciation qui rend grâce à mes yeux.
Je m’égare et donc que puis-je faire face à quelqu’un qui nous hausse les épaules quand on lui demande si elle préférerait vivre sous un régime totalitaire ? Je suis fatiguée de me répéter inlassablement et par-dessus tout énervée de se faire traiter d’irrespectueux, quand nous essayons de lui expliquer pour la enième fois la nécessité d’une connaissance active de l’histoire. Est-il respectable de respecter quelqu’un qui “s’en fout” de l’histoire ?
Quelqu’un qui m’assène qu’on ferait mieux de vivre et de prendre ce qui est au lieu de vouloir toujours tout penser. Mais la première chose que j’ai appris en philosophie est justement de ne pas uniquement constater de ce qui est mais que nous devons penser ce qui doit être. C’est cherchant toujours ce qui doit être que l’on construit pleinement sa vie et non simplement en prenant pour argent comptant tout ce qui est car cette position c’est celle non de vivre mais de se laisser vivre. Encore une fois, l’opposition activité/passivité transparaît et la vie, c’est bien l’activité et non la passivité !








«Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes» - Henri Calet




